Revue de presse du samedi 17 octobre 2026 : Takku Wallu se retire des commissions, le pacte social sous tension

Rédigé le 17/10/2026
La Chaîne Soninké


Le retrait de Takku Wallu des six commissions d’enquête domine une partie de la presse de ce samedi. Les auditions financières se poursuivent, tandis que le gouvernement demande un moratoire de trois mois face aux grèves annoncées. Les arriérés dus aux entreprises et les marges budgétaires alimentent aussi les débats. Les consultations CEDEAO–AES, la candidature de Macky Sall à l’ONU et la reprise du championnat de football complètent cette actualité.


Les Unes du samedi 17 octobre accordent une place centrale au retrait de Takku Wallu des commissions d’enquête et aux tensions autour du pacte social. Tribune privilégie la rupture politique, tandis qu’EnQuête insiste sur les preuves demandées au Trésor. Sud Quotidien place la trêve sociale au premier plan ; Le Soleil ouvre sur les consultations régionales. Ces choix font apparaître deux préoccupations communes : la manière de contrôler la gestion publique et les moyens de répondre aux attentes sociales.


Takku Wallu se retire, les demandes de pièces demeurent

Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a annoncé vendredi 16 octobre son retrait définitif des six commissions d’enquête récemment installées. Dans le communiqué reproduit par Thiès24, il reproche aux auditions leur mise en scène médiatique et estime qu’elles s’éloignent de la recherche des faits. PressAfrik, sous la signature de Moussa Ndongo, rapporte aussi cette décision. Les accusations de manipulation et de procès d’intention sont celles du groupe d’opposition ; elles ne constituent pas une constatation judiciaire sur les travaux des commissions.

Le contraste avec EnQuête est éclairant. Là où Tribune met en avant le départ de l’opposition, EnQuête s’attache aux documents nécessaires pour vérifier les opérations financières de type Total Return Swap, ou TRS. Le compte rendu de l’Assemblée nationale sur l’audition du 15 octobre attribue au directeur général du Trésor, Amadou Tidiane Gaye, un montant net de 721 milliards de francs CFA perçu par l’État et 278 milliards supplémentaires restant à recevoir sous conditions. Les députés demandent notamment relevés de comptes, rapprochements comptables et justificatifs. Ces sommes décrivent les explications données en audition, sans établir à elles seules une perte ou un détournement.

Sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », l’Assemblée nationale rapporte une autre audition, tenue vendredi 16 octobre : celle de l’ancien ministre Daouda Ngom. Selon le récit institutionnel de cette séance, il a renvoyé à la gestion de la DGES et de la Direction du financement de l’enseignement supérieur. Il affirme avoir fait saisir l’ARCOP après des irrégularités présumées et obtenu l’accord du ministre des Finances pour l’allocation exceptionnelle de 250 000 francs CFA aux étudiants. Le compte rendu restitue sa version ; il ne remplace pas les rapports et pièces contractuelles nécessaires à son examen.


Trois mois de moratoire demandés face aux grèves annoncées

Sud Quotidien décrit une trêve sociale fragilisée, alors que Source A met l’accent sur la proposition adressée aux grévistes. Il s’agit d’une demande du gouvernement, pas d’un accord déjà conclu. Dans son compte rendu de la réunion tripartite du 15 octobre, la Primature indique que le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a demandé un moratoire de trois mois afin de laisser davantage de place à la concertation. Elle annonce aussi des comités de dialogue social dans les ministères à partir de décembre.

Le même document présente un taux de réalisation de 71 % issu du suivi du pacte. Ce bilan est celui avancé par les autorités et doit être distingué des appréciations syndicales sur les engagements encore attendus. L’APS, dans sa dépêche du 16 octobre, rapporte l’appel du chef du gouvernement à suspendre le mot d’ordre des 21, 22 et 23 octobre. Les sources consultées relatent l’appel et les échanges ; elles n’annoncent pas un accord syndical levant ce mouvement.

Dans l’enseignement, le calendrier rejoint celui du G7. L’APS rapportait le 15 octobre trois journées de grève annoncées par les sept syndicats représentatifs, qui dénoncent des retards dans l’application de l’accord du 16 avril. Les indemnités, les salaires de certains contractuels et la formation diplômante figurent parmi les points soulevés. La lecture des Unes doit donc distinguer les mobilisations annoncées pour la semaine prochaine, les revendications propres à chaque secteur et la tentative de médiation gouvernementale en cours.


Les arriérés des entreprises, entre priorités et capacité de paiement

La dette intérieure donne un contenu concret aux contraintes budgétaires. Dans un article publié vendredi soir, Fodé Bakary Camara, pour PressAfrik, rapporte les explications de Bassirou Sarr sur un montant d’arriérés approchant 1 900 milliards de francs CFA. Le responsable gouvernemental reconnaît que l’État ne peut pas tout rembourser immédiatement et met en avant les petites créances des PME. Selon sa présentation, une enveloppe inférieure à 10 milliards permettrait de régler de nombreux dossiers de 5, 10 ou 15 millions avant la fin de 2026. Il s’agit d’une intention de règlement, sans bilan de versements déjà réalisés dans cet article.

Cette priorité prolonge une orientation antérieure. Dans son communiqué du Conseil des ministres du 2 septembre, le gouvernement prévoyait de soumettre les résultats de l’audit des arriérés à l’approbation du président de la République, afin de commencer les paiements avant la fin de l’année en privilégiant les TPE, PME et PMI. L’enjeu est donc autant la validation des créances que la trésorerie disponible. Le total annoncé ne renseigne pas, à lui seul, sur le montant effectivement reconnu et payé pour chaque entreprise.

À l’échelle régionale, l’avis officiel du FMI présentant ses perspectives d’octobre prévoit une croissance de 4,5 % en Afrique subsaharienne en 2026 comme en 2027. Ce chiffre régional recouvre des situations nationales différentes ; il ne constitue pas une prévision propre au Sénégal. Dans son texte de présentation du 16 octobre, l’institution insiste sur les aides ciblées aux ménages vulnérables et sur les risques énergétiques, financiers, climatiques et sécuritaires. Ces contraintes éclairent les arbitrages évoqués dans les journaux, sans prouver qu’un calendrier national de remboursement est déjà exécuté.


CEDEAO–AES : préparer les positions avant les négociations

Le Soleil donne une autre dimension à ce week-end avec les échanges entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel. L’APS rapporte que les ministres de la CEDEAO se sont réunis à Dakar le vendredi 16 octobre pour préparer leur mandat de négociation. L’agence évoque un projet d’accord-cadre portant sur dix-huit domaines prioritaires regroupés en cinq pôles, dont la circulation, les échanges, la sécurité et la coopération transfrontalière. Il s’agit d’un cadre de discussion annoncé, sans accord final constaté.

Du côté de l’AES, le Service d’information du gouvernement burkinabè décrit une réunion des ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger à Ouagadougou, également le 16 octobre, pour harmoniser leur position commune. L’Agence malienne de presse précise que les négociations de Dakar sont prévues les 17 et 18 octobre. La préparation des positions dans chaque organisation et la rencontre entre les délégations sont donc deux étapes distinctes. Au début de cette journée, les sources consultées ne fournissent pas de compromis final à annoncer.


À l’ONU, un vote indicatif défavorable à Macky Sall

La candidature de Macky Sall au secrétariat général des Nations unies revient aussi dans l’actualité. Diack Sall rapporte dans SeneNews que le scrutin indicatif à bulletins de couleur du vendredi 16 octobre lui aurait accordé cinq votes favorables et dix défavorables, dont trois venant des membres permanents du Conseil de sécurité. Ces chiffres sont rapportés par la presse à propos d’un vote confidentiel ; ils ne correspondent pas à une nomination ni à une décision publique d’exclusion.

Dans une dépêche signée Edith M. Lederer, Associated Press indique qu’aucun des sept candidats ne dispose alors du soutien des cinq membres permanents. L’agence s’appuie notamment sur deux diplomates restés anonymes en raison du caractère privé du scrutin. Le dossier de procédure publié en juillet par Security Council Report rappelle le rôle de ces consultations informelles : mesurer les soutiens avant une recommandation du Conseil à l’Assemblée générale. Le résultat rapporté est donc un revers dans une sélection encore en cours.


Le championnat de football reprend ce samedi

Le week-end marque également le retour du championnat professionnel. Dans son article du vendredi soir, Babacar Sène, pour Seneweb, présente Jaraaf–AJEL de Rufisque comme l’affiche principale de cette première journée, après deux semaines de report. Les deux promus, Essamaye FC et Diambars, doivent se rencontrer à Ziguinchor. Wallydaan–Stade de Mbour, Guédiawaye FC–Dakar Sacré-Cœur et HLM–Casa Sports figurent aussi au programme. À l’heure de cette revue, ces rencontres sont annoncées : aucun résultat ne peut encore leur être attribué.

Le programme relayé par RTMD à partir des annonces de la Ligue sénégalaise de football professionnel étale la première journée de Ligue 1 et de Ligue 2 du 17 au 19 octobre. La rencontre Teungueth FC–US Ouakam est reportée ; Seneweb relie ce report à la participation du club rufisquois à la Ligue des champions. La rentrée sportive se fait ainsi avec un calendrier déjà ajusté, alors que les journaux de ce samedi suivent aussi les préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse.