Revue de presse du lundi 12 octobre 2026 : pêche, rentrée et contrôle des fonds publics

Rédigé le 12/10/2026
La Chaîne Soninké


Pêche : une crise industrielle, des situations différentes selon les activités

L’Observateur place les difficultés de la filière pêche au premier plan. Le Soleil s’intéresse, lui, aux sociétés mixtes et aux bénéficiaires effectifs des navires sous pavillon sénégalais. Les deux Unes datées du 12 octobre rapprochent ainsi une question de revenus et d’emplois d’une question de gouvernance. Le second angle concerne le contrôle réel des entreprises ; il ne suffit pas, à lui seul, à établir une infraction.

Les statistiques permettent de préciser l’ampleur du ralentissement. Dans sa note de conjoncture du deuxième trimestre 2026, publiée en septembre, la Direction de la Prévision et des Études économiques constate une baisse de 5,5 % de l’activité de pêche par rapport au premier trimestre. Les débarquements industriels reculent de 32,9 %, alors que la composante artisanale progresse de 5,4 %. Il s’agit donc d’une comparaison entre deux trimestres, et non d’une baisse de 5,5 % sur un an.

La comparaison annuelle nuance encore le tableau : l’activité totale augmente de 0,7 % par rapport au deuxième trimestre 2025. Cette évolution recouvre une hausse de 7,7 % de la pêche artisanale et une baisse de 39,8 % de la pêche industrielle. Les chiffres décrivent une forte difficulté de la composante industrielle, sans permettre de présenter toutes les activités de pêche comme évoluant au même rythme.

La revue de l’APS publiée ce matin rapporte les alertes recueillies par L’Observateur auprès de Matar Thiam, représentant des armateurs, et d’Oumar Dramé, responsable syndical. Le journal évoque aussi un risque d’embargo évalué à 100 milliards de francs CFA. Ce montant désigne une menace présentée par la presse, pas une perte déjà constatée. Le rapport officiel de l’Union européenne pour 2024 confirme l’avertissement adressé au Sénégal en mai de cette année-là concernant la pêche illicite. Cet antécédent ne constitue pas l’annonce d’un nouvel embargo ce lundi.


Rentrée : une date nationale, des difficultés locales encore présentes

Sud Quotidien met l’accent sur les établissements affectés par les pluies. Le Soleil privilégie l’ampleur de la rentrée, tandis que L’Info relaie le renforcement annoncé des effectifs enseignants. Ces choix éditoriaux soulignent deux enjeux simultanés : permettre aux élèves de reprendre les cours et disposer d’écoles effectivement en état de les accueillir.

Le 6 octobre, le ministère de l’Éducation nationale avait reporté la rentrée des élèves, initialement fixée au mercredi 7 octobre, au lundi 12 octobre. Le communiqué rapporté par l’APS invoquait les conditions météorologiques, la sécurité et la remise en état des établissements. Le report concernait tout le territoire national.

Dans une intervention relayée par la RTS le 11 octobre, Moustapha Mamba Guirassy a maintenu cette date. Le ministre reconnaît toutefois que certaines écoles peuvent nécessiter encore 24 à 48 heures pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions. Il estime possible de rattraper les heures perdues par des ajustements pédagogiques. Le maintien du calendrier national ne signifie donc pas que chaque établissement a pu ouvrir sans difficulté ce matin.

Le ministre annonce également le déploiement de plus de 8 400 enseignants, comprenant notamment une opération de recrutement de 2 527 personnes pour 2026. Selon le ministre, le déploiement de ces 2 527 enseignants devait être achevé dans les jours suivant son intervention. Ce total ne correspond pas à 8 400 nouveaux recrutements spéciaux déjà tous affectés. Les assurances ministérielles et les difficultés rapportées par les journaux portent ainsi sur des niveaux différents : le cadre national de la reprise et les conditions concrètes dans les écoles.


Enquêtes parlementaires : le débat se déplace vers les dossiers à examiner

Vox Populi et L’As mettent en avant la demande d’enquête sur le fonds JAM, tandis que Source A personnalise le débat autour d’Aminata Touré et d’Ousmane Sonko. EnQuête privilégie la gouvernance publique ; Point Actu examine les conséquences politiques des commissions pour Pastef et Kiiraay. La convergence porte sur l’importance du contrôle des fonds publics, mais les journaux n’adoptent pas tous le même angle sur son périmètre et ses effets politiques.

Dans un compte rendu du 11 octobre, Dakaractu rapporte qu’Aminata Touré, superviseure générale de Kiiraay, a demandé à Bambilor l’intégration du fonds JAM pour la paix en Casamance aux investigations parlementaires. Elle présente cette demande comme un élargissement de la transparence et de la reddition des comptes. Il s’agit d’une position politique : sa déclaration n’établit ni la création d’une nouvelle commission ni une irrégularité dans la gestion du fonds.

Autre prise de position rapportée le même jour, Serigne Guèye Diop réclame l’examen du dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale. Il critique la sélection des affaires soumises aux commissions. Son appréciation engage son auteur ; elle ne démontre pas, par elle-même, que les investigations seraient partiales ou qu’une faute aurait été commise à l’ASER. Le débat présenté ce matin porte autant sur les dossiers retenus que sur les garanties attendues du contrôle parlementaire.


Budget et commerce extérieur : deux soldes à lire séparément

L’Observateur revient sur le relèvement du déficit dans le projet de loi de finances rectificative, tandis que Libération signale l’excédent commercial du mois d’août. Ces deux indicateurs concernent des comptes différents : les recettes et dépenses de l’État d’un côté, les échanges de marchandises avec l’étranger de l’autre.

Le projet officiel de budget rectificatif consulté prévoit un déficit de 1 735,2 milliards de francs CFA, contre 1 245,1 milliards dans la loi de finances initiale, soit une hausse de 490,1 milliards. Il réduit de 555 milliards les dépenses d’investissement financées sur ressources internes et extérieures. Ce sont des prévisions et des crédits pour l’exercice 2026 ; ils ne décrivent pas un déficit déjà réalisé ni la suppression définitive de tous les projets concernés.

L’exposé gouvernemental invoque notamment la révision des recettes et l’alourdissement des subventions à l’énergie pour expliquer les arbitrages. L’Assemblée nationale a confirmé la réception du projet le 18 septembre. Les chiffres présentés ici sont ceux de ce document ; ils ne préjugent pas des éventuels amendements ou du texte définitivement adopté.

Pour le commerce extérieur, le bulletin de l’ANSD consacré à août 2026, mis en ligne le 9 octobre, fait état de 711,1 milliards de francs CFA d’exportations et de 551,1 milliards d’importations. L’excédent du mois atteint donc 160 milliards, contre 62,1 milliards en juillet. De janvier à août, le solde cumulé s’établit à +93 milliards, contre −1 045 milliards sur la même période de 2025.

L’ANSD relie la hausse mensuelle des exportations notamment aux produits pétroliers raffinés, à l’acide phosphorique et aux phosphates. Les importations diminuent de 9,1 % par rapport à juillet. Ces statistiques portent sur les marchandises et peuvent être révisées. L’excédent d’août ne constitue ni le solde de toute l’année ni une mesure de l’équilibre des finances publiques.