L’AJSF CÉLÈBRE SA VICTOIRE À LA TERANGA CUP 2025 : SYMBOLE D’UNITÉ ET DE SOLIDARITÉ SONINKÉ EN FRANCE

Rédigé le 08/11/2025
Mamadou SOW


Saint-Denis, 7 novembre 2025

C’est dans une atmosphère conviviale et chaleureuse, empreinte de fraternité, que l’Association des Jeunes Soninké de France (AJSF), dirigée par son président Gaye SIBY, entouré des membres du bureau, a présenté les trophées récemment remportés par les sélections soninké de l’AJSF (hommes et filles) lors de la Teranga Cup, édition 2025.



Cette sélection regroupait plusieurs joueurs soninké issus des équipes ayant pris part au tournoi de football organisé par l’AJSF en juillet 2025 dans la région parisienne mais également une sélection de filles qui s’est formée pour participer à un match de GALA entre filles qui opposait les équipes de l’AJSF filles et Goldon Boys fille (Goldon girls). Chez les hommes, les jeunes talents ont été retenus en fonction de leurs performances durant le tournoi de l’AJSF editing 2025 organisé par la localité de DIAGUILY en Mauritanie; compétition qui a vu la participation de 30 localités de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal. 



La Teranga Cup quant à elle, est un tournoi de football organisé par les Sénégalais de France, principalement en région Île-de-France. La compétition réunit plusieurs équipes composées d’expatriés sénégalais vivant sur le territoire français étudiants, travailleurs et jeunes nés en France ou ailleurs.



Le mot teranga dépasse largement la simple traduction d’« hospitalité ». Il incarne l’accueil, la générosité, le partage, le respect et la considération de l’autre comme un égal. Dans la diaspora, cette notion devient un véritable moteur d’organisation sociale : un tournoi baptisé Teranga Cup ne célèbre pas uniquement le football, il symbolise avant tout la fraternité, le partage et l’appartenance. Cette compétition véhicule une philosophie qui transcende le simple divertissement pour devenir un moment de dépassement personnel et collectif, faisant du sport un vecteur de cohésion et d’identité sénégalaise à l’international.



Pour rappel, l’AJSF participait à ce tournoi pour la toute première fois et a remporté les trophées femmes, meilleur joueur, meilleur gardien, homme du match, championne féminine et meilleur coach masculin et féminin. 



Le trophée gagné par l’équipe masculin a été remis symboliquement à Ousmane Bocar Diagana, président de l’Association pour la Promotion de la Langue et de la Culture Soninké (APS), de l’Union/Confédération des Associations Soninké, du Festival International Soninké (FISO) et de la Journée Internationale de la Langue Soninké, lors d’une cérémonie tenue au siège de l’APS à Saint-Denis, au cœur de l’Île-de-France.



L’événement, d’un caractère à la fois familial et solennel, a réuni les membres du bureau de l’AJSF, des représentants de l’APS, des personnalités soninké ainsi que plusieurs acteurs associatifs de la communauté vivant en France.



Après la remise du trophée, le président Diagana a pris la parole pour souligner la portée symbolique de cette distinction. Selon lui, ce trophée n’est pas un simple objet : il incarne les valeurs fondamentales qui cimentent la communauté soninké — l’unité, la transmission, la langue et l’engagement collectif pour la cohésion du peuple soninké.



Plusieurs intervenants ont ensuite pris la parole, retraçant la genèse de cette équipe, née de l’union de jeunes issus de cinq pays différents, sans lien de parenté direct, mais unis par la langue, la culture, la passion du football et le sentiment d’appartenir à une même communauté.



Les paroles de Ganda Fadiga résonné à travers ces jeunes quand ils ont décidé de l’unir et d’unir les localités dont ils sont originaires pour organiser le tournoi de football soninké, comme un écho aux premiers Soninké venus en France ceux qui ont semé les graines d’une solidarité durable, loin des terres d’origine. Le trophée s’est ainsi imposé comme le symbole de cette communion et de cette entraide qui traversent les générations au sein de la diaspora.




Le président Diagana a profité de l’occasion pour réaffirmer l’engagement de l’APS à s’impliquer pleinement dans l’organisation des prochaines éditions du tournoi de l’AJSF, ainsi que dans d’autres grands événements dédiés à la jeunesse soninké. Il a rappelé que le nom AJSF existait déjà, sous une forme moins visible, dans les années 1990, au sein de l’APS, à l’initiative d’un groupe de jeunes menés par M. Diallo. Cette première version, peu connue et médiatisée, était tombée dans l’oubli.



C’est à partir des années 2010 que Gaye SIBY et d’autres jeunes, tels que Salif TANDJIGORA, Dramane TRAORÉ, Lassana DIAGOLA et bien d’autres, ont repris le flambeau sans savoir qu’une première AJSF avait déjà existé. L’actuelle association, indépendante de l’APS, a ainsi donné un souffle nouveau au sport soninké en France, notamment au football, sur la pelouse du stade Jules-Ladoumègue (19ᵉ arrondissement de Paris).



Une scène en trois actes : mémoire, communauté, victoire

1. Mémoire d’un peuple

Les Soninké sont à la fois un peuple, une langue et une histoire millénaire. Leur origine remonte à l’empire du Wagadou (ou empire du Ghana) au Haut Moyen Âge, qui contrôlait d’importantes routes commerciales, des mines d’or et des échanges à travers l’Afrique de l’Ouest.

Cette matrice culturelle explique encore aujourd’hui la force des réseaux, la valeur du collectif et l’importance du lien entre les localités d’origine et la diaspora.

Dans cette perspective, la cérémonie de présentation du trophée fait écho à ce passé, en traduisant symboliquement la continuité d’un héritage dans un contexte entrepris par les premiers expatriés soninké.



2. Les expatriés soninké et la résilience

L’installation des soninké en France a d’abord été saisonnière, avant de devenir durable. À Paris, à Saint-Denis, dans les foyers, les cours d’immeubles ou sur les terrains de football, se sont recréées de véritables géographies de solidarité.

L’AJSF est issue de ce terreau : elle rassemble, organise et fédère.

La coupe remise le 7 novembre est le reflet visible de ce parcours collectif, faisant de la communauté soninké en France une force organisée, dynamique et résolument tournée vers l’avenir.



Vers l’avenir : un trophée et un commencement

Alors que la coupe trône désormais dans les vitrines de l’AJSF, elle en dit long sur la trajectoire de cette communauté diasporique. Elle ne représente pas seulement un tournoi remporté, mais l’écho d’un long chemin parcouru celui d’un peuple qui se réorganise, se fédère et construit ses propres repères.



Cette cérémonie de présentation n’annonce pas une fin, mais l’ouverture d’un nouveau cycle : un cycle où la jeunesse soninké, garçons et filles, en France comme dans les pays d’origine, s’affirme comme un acteur essentiel non seulement sur les terrains de football et dans les gradins, mais aussi dans tous les domaines de la vie sociale, culturelle et linguistique