LIL OG à Sarcelles : un triomphe musical

Rédigé le 18/10/2025
Mamadou SOW


Une entrée triomphale dans la lumière

Le 17 octobre 2025 restera une date gravée dans la jeune carrière de LIL OG : sa première à Paris fut un succès éclatant, résonnant bien au-delà des frontières de la communauté soninké. Dès les premières notes, l’artiste malien a imposé sa présence avec une aisance scénique rare, enchaînant titres puissants et moments d’intimité avec le public. Sa voix s’élève, son ton varie, ses envolées musicales captiven il confirme ainsi ce que beaucoup pressentaient : il n’est pas seulement un phénomène de réseaux sociaux, mais un véritable interprète de scène.



La salle de Sarcelles, pleine à craquer, vibrait sous les acclamations. La foule, venue de toute l’Île-de-France et d’au-delà, ne s’y est pas trompée : elle saluait un jeune talent à l’aube de la reconnaissance nationale.



Le rôle décisif des parrains et marraines : soutien, visibilité, crédibilité

Dès l’annonce du concert, les noms de Oussy de Paris, Manaha Tounkara, Mamadou Sacko, Coumba Diarra, Goundo Koulibaly, Mama Soukouna figuraient en évidence non comme simples caution, mais comme témoins et acteurs d’un mouvement culturel. Leur appui, souvent discret mais symbolique, a renforcé la légitimité de l’événement dans les milieux culturels et médités par les médias communautaires.

 


Dans la soirée, des personnalités prestigieuses (Douk Saga, Aminata Boune, Mams Yaffa, Jerry Cool, Kaniaga Diaspora, Hawa Diawara, Kissima Kouyaté etc.) étaient parmi les invités d’honneur. La simple présence de ces figures a apporté un rayonnement médiatique, renforçant l’impact du concert. Leur participation souligne que LIL OG n’est pas seul : il bénéficie d’un soutien collectif et un appui communautaire fort en France. 



Une scénographie, une ambiance, des relais artistiques solides

La programmation a su ménager des interludes bien gérés : les artistes comme Balemé, Boubou Samba Diallo, Lélé Demba Diarra, Mebak Soninké, Lil Sa, LL Douks, Daouda Cissokho ont mis le public dans l’état d’esprit, en diversifiant les rythmes et en maintenant la tension. Ces passages, bien calibrés, ont préparé l’entrée triomphale de LIL OG.

 



Quant à l’animation, elle fut à la hauteur des attentes : DJ S4 de Paris et Keybaye ont soutenu l’énergie entre les sets, assurant des transitions fluides et maintenant l’enthousiasme du public. Leur rôle fut loin d’être secondaire : parfois, le succès d’un concert se joue dans ces moments où l’audience doit rester en alerte, sans discontinuité.

 



LIL OG lui-même a su tirer parti de cette préparation collective pour briller sans fausse note. Il a imposé sa présence, interpellé son public, suscité des moments d’émotion — quel que soit le regard, l’oreille ou le téléphone qui le filmait.

 



Un spectacle qui marque : audience, réactions, prolongements

La soirée fut couronnée de succès dans les faits : la salle était pleine, l’enthousiasme palpable, l’artiste porté par son public. Beaucoup sont repartis convaincus d’assister à l’émergence d’une nouvelle voix forte de la scène ouest-africaine.

 



Quelques ombres à rectifier

Le concert de LIL OG à Paris restera incontestablement un jalon dans sa carrière et un moment de fierté pour la jeunesse soninké. Il a prouvé qu’il possédait le talent, l’aura, et la capacité de fédérer un public au-delà du cercle des fans habituels. Le soutien visible des parrains et marraines a apporté légitimité et visibilité, les animateurs (DJ S4 et Keybaye) ont conforté l’enchaînement du spectacle, et les artistes invités ont enrichi la palette du show.

 



Cependant, ce triomphe artistique fut en partie terni par des lacunes logistiques : à l’entrée, des files mal encadrées, des bousculades et une sécurité visiblement peu expérimentée ont créé des tensions. À l’intérieur, certains prestigieux invités peinaient à suivre le concert, noyés dans la foule de téléphones mobiles — le manque de barrières protectrices pour l’espace VIP et l’absence d’un podium dédié pour la presse ont nui à la fluidité des mouvements. L’organisation semblait oublier le rôle primordial des médias en tant que relais, et aucune solution d’écrans relais n’avait été mise en place pour que les spectateurs éloignés puissent suivre l’action depuis leurs places.

 



Ces défauts ne doivent pas estomper l’ampleur du succès — mais les corriger pour que les prochaines soirées soient à la hauteur du potentiel artistique qu’elles portent.