Revue de presse du vendredi 23 octobre 2026 : financer la commercialisation des récoltes

Rédigé le 23/10/2026
La Chaîne Soninké


Les Unes du vendredi 23 octobre accordent une place importante au financement de la commercialisation agricole, après le conseil interministériel tenu jeudi. Les journaux rapprochent les besoins annoncés pour acheter les récoltes des engagements de règlement pris envers les fournisseurs. La réponse du Premier ministre à l’invitation au débat public, le calendrier de la loi de finances rectificative et la poursuite de la grève occupent aussi la presse. Les résultats de l’évaluation PASEC relancent, enfin, la discussion sur les apprentissages et la place des langues nationales à l’école.


Récoltes : plus de 200 milliards de besoins annoncés

Sud Quotidien ouvre sur « la campagne des 200 milliards », tandis que WalfQuotidien insiste sur les ressources que l’État doit rechercher. Le Soleil choisit un autre angle : les 44 milliards de francs CFA annoncés pour régler des arriérés aux fournisseurs d’intrants. Ces chiffres éclairent des aspects différents de la préparation de la commercialisation ; ils ne désignent pas une même somme disponible et ne doivent pas être additionnés sans préciser leur périmètre.

Lors du conseil interministériel du 22 octobre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a évalué les besoins de la campagne à un peu plus de 200 milliards de francs CFA, rapporte l’APS. Il a demandé de prévenir les ruptures de financement, les insuffisances de stockage et de logistique, ainsi que les retards de paiement. Pour les producteurs et les opérateurs, l’enjeu est de pouvoir vendre les récoltes et être réglés au moment prévu. L’estimation annoncée correspond aux moyens à réunir, sans prouver leur décaissement intégral.

Le secrétaire général adjoint du gouvernement, Lamine Sarr, a parallèlement annoncé le paiement de 44 milliards de francs CFA d’arriérés aux fournisseurs d’intrants, selon le compte rendu de l’APS sur les mesures retenues. Le titre du Soleil met ainsi en avant une décision de règlement ; les sources consultées ne constatent pas encore les versements effectifs. Cette distinction permet de mesurer l’engagement de l’État sans présenter son exécution comme acquise.


Arachide, riz et horticulture : des moyens propres à chaque filière

La SONACOS vise l’achat de 250 000 tonnes de graines d’arachide en 2026-2027, avec un besoin de financement de 100 milliards de francs CFA. Son directeur général, Cheikh Ahmeth Tidiane Guèye, a indiqué à l’APS que près des trois quarts de ce financement étaient bouclés. Le complément de 25 milliards reste à rechercher auprès du pool bancaire, comprenant notamment la BNDE et La Banque agricole. Il s’agit d’un objectif de collecte et d’un plan de financement, pas d’un bilan d’achats déjà réalisés.

Le Soleil situe l’ouverture de la collecte arachidière à la fin de novembre et souligne la nécessité de disposer des ressources avant ce démarrage. Un comité doit formuler des recommandations sur le prix au producteur : aucun nouveau prix chiffré n’est fixé dans les annonces lues. Pour le riz, le journal rapporte qu’au 13 octobre, 13 879 tonnes de riz blanc avaient été enlevées sur 41 729 tonnes disponibles. Le gouvernement prévoit de lier davantage les importations aux achats locaux et de payer aux riziers la subvention de 50 francs CFA par kilogramme due sur les quantités déjà enlevées.

Le volet horticole concerne directement l’écoulement de l’oignon et de la pomme de terre. Dans un second article, Le Soleil explique que le gouvernement veut renforcer leur fonds de commercialisation et adapter le calendrier des importations aux volumes nationaux disponibles. Les autorisations d’importation doivent être conditionnées à la justification d’achats de production locale. Pour le maïs, le renouvellement du protocole avec les opérateurs est annoncé avec un objectif de 30 000 tonnes et un accompagnement bancaire. Le montant supplémentaire du fonds horticole n’est pas précisé.


Débat politique et LFR : deux calendriers à distinguer

Tribune et Les Échos mettent en avant la réponse du Premier ministre à l’invitation au débat public d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale. WalfQuotidien s’interroge, pour sa part, sur le positionnement de l’opposition face aux tensions entre PASTEF et Kiiraay. Les titres donnent à lire un affrontement politique, tandis que le dossier budgétaire poursuit son chemin en commission.

Dans ses propos du 22 octobre, rapportés par PressAfrik et recoupés par Senego, Ahmadou Al Aminou Lô affirme réserver son temps aux urgences sociales et désigne le Parlement comme le cadre du débat institutionnel. Ces médias situent cette déclaration, prononcée au conseil consacré à la commercialisation agricole, dans le contexte de l’invitation de Sonko. L’extrait cité ne nomme toutefois pas ce dernier. Le choix d’un cadre parlementaire ne constitue pas, à lui seul, un accord sur la LFR.

Un rectificatif daté du 22 octobre et signé par Alphonse Mané Sambou, président de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, reporte au vendredi 23 octobre à 9 heures la réunion prévue jeudi à 15 heures. Le document, reproduit par Dakaractu, concerne la poursuite de l’examen du projet n° 40/2026. Il ne précise pas les raisons du décalage. Au moment de cette revue, cette convocation ne permet pas de conclure que la réunion a abouti à un accord ou à un rejet.

Ce rendez-vous en commission est distinct de la séance plénière. Le Soleil rappelait le 21 octobre que le groupe PASTEF-Les Patriotes faisait état de compromis partiels et de désaccords persistants, en attendant des documents complémentaires. Le groupe annonçait aussi le report à la semaine suivante de la plénière initialement prévue le 23, sans nouvelle date précise. La réunion de travail annoncée pour ce vendredi matin ne doit donc pas être confondue avec le vote ultérieur des députés.


Grève : une rencontre, sans sortie de crise confirmée

Vox Populi souligne le maintien du dernier jour de grève malgré les médiations. Le Quotidien centre sa Une sur l’audience entre les responsables syndicaux et le ministre chargé de la Fonction publique. Le premier insiste sur la continuité du mouvement, le second sur le canal de discussion ouvert : ces deux angles ne décrivent pas nécessairement des faits contradictoires.

Selon une note du ministère citée par PressAfrik, Mamadou Lamine Dianté a reçu jeudi 22 octobre après-midi une délégation du FSDT conduite par Mody Guiro. La rencontre a eu lieu à la demande de Faly Seck, président du Haut Conseil du dialogue social. Les représentants du Front ont présenté leurs préoccupations, et le ministre a réaffirmé la disponibilité du gouvernement à poursuivre la concertation.

Le Quotidien note l’absence de nouveaux engagements et la transmission annoncée des doléances au président de la République et au Premier ministre. Ni la tenue de l’audience ni la disponibilité au dialogue ne suffisent à établir une levée du mot d’ordre des 21, 22 et 23 octobre. Aucun bilan national indépendant de la deuxième journée n’a été confirmé dans les sources consultées. Les appréciations syndicales doivent donc rester attribuées, sans être transformées en taux de participation établi pour tout le pays.


PASEC : des progrès, des fragilités et la question des langues

Les résultats scolaires reçoivent eux aussi des éclairages différents. Le Soleil souligne les progrès du primaire et les difficultés en mathématiques ; Vox Populi insiste sur la position relative du Sénégal et sur les langues nationales. Le dossier de presse de la CONFEMEN précise que la lecture progresse au Sénégal en début de primaire entre 2014 et 2025, mais recule en fin de primaire entre 2019 et 2025. Un classement relatif favorable et une évolution défavorable dans le temps peuvent ainsi coexister. Malgré son intitulé PASEC2024, l’enquête repose sur une collecte effectuée en 2025.

L’évaluation porte sur seize pays et sur des groupes distincts selon les étapes de la scolarité : elle ne suit pas les mêmes enfants d’une classe à l’autre. Au Sénégal, la CONFEMEN indique que, parmi les enseignants du primaire évalués, 72,6 % atteignent le niveau supérieur en compréhension de l’écrit, contre 45,4 % en mathématiques. Ces chiffres concernent les enseignants, pas les élèves. Ils ne doivent pas être mélangés avec les proportions d’enfants atteignant les seuils d’apprentissage.

La place des langues nationales ouvre une autre piste. Dans des propos rapportés par PressAfrik, le coordonnateur du PASEC, Hilaire Hounkpódoté, relève de meilleurs résultats en lecture chez les élèves de deuxième année évalués en langue nationale que chez ceux évalués en français. Moustapha Guirassy souhaite explorer cette approche en mathématiques. Le dossier de la CONFEMEN cite le soninké parmi les langues d’enseignement évaluées, sans donner ici de résultat distinct pour cette langue. La comparaison rapportée ne démontre pas, à elle seule, un effet causé uniquement par la langue d’enseignement.