Revue de presse du mardi 13 octobre 2026 : auditions parlementaires et rentrée contrastée
Les enquêtes parlementaires dominent les journaux sénégalais du mardi 13 octobre, après l’audition d’Abdou Karim Fofana sur le patrimoine bâti de l’État et le refus annoncé de Cheikh Oumar Anne dans un autre dossier. La rentrée scolaire du 12 octobre partage les regards entre reprise globale et difficultés persistantes après les inondations. Le financement du réseau gazier occupe aussi la Une du Quotidien, avec 348 milliards de FCFA recherchés pour trois segments. Les appels syndicaux à une grève du 21 au 23 octobre complètent cette actualité, à huit jours du mouvement annoncé.
Deux commissions, une même bataille autour du contrôle public
Les Unes du mardi 13 octobre accordent une place centrale aux enquêtes parlementaires. Sud Quotidien titre « Cité Fayçal, le bras de fer des baux », tandis que WalfQuotidien retient « Face-à-face électrique ». EnQuête souligne la résistance d’Abdou Karim Fofana aux députés ; L’As présente l’audition comme un revers pour ces derniers. Ces choix racontent un affrontement politique et la manière dont les journaux l’interprètent. Ils ne constituent pas des conclusions sur la régularité des opérations examinées.
Le fait commun est l’audition, lundi 12 octobre, d’Abdou Karim Fofana, ancien directeur général de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État entre 2015 et 2019, puis ancien ministre de l’Urbanisme. La commission l’interroge sur les cessions d’immeubles et les baux relevant de ce patrimoine. Leral rapporte ses réponses sur la cité Fayçal : il affirme que les baux existaient avant 2012 et reconnaît en avoir renouvelé et prolongé, sans pouvoir en préciser le nombre sept ans après son départ. Cette réponse situe sa responsabilité déclarée, mais ne fournit pas à elle seule l’inventaire des contrats concernés.
Dans le compte rendu détaillé de Dakaractu, l’ancien responsable défend la légalité des baux et de l’accord relatif à Dak Tower. Il conteste notamment l’interprétation selon laquelle les opérations évoquées nécessitaient une approbation présidentielle et s’oppose à la façon dont certaines questions sont formulées. Cette lecture des textes est la sienne. Les échanges rapportés montrent les désaccords à l’audition ; ils ne permettent pas d’annoncer un verdict, une exonération ou une irrégularité établie.
Un autre dossier concerne Cheikh Oumar Anne. Dans sa lettre du 12 octobre reproduite intégralement par PressAfrik, le député et maire de Ndioum annonce qu’il ne répondra pas à l’invitation prévue vendredi 16 octobre. Cette commission examine le programme « Un étudiant, un ordinateur » : elle est distincte de celle qui a entendu Fofana sur le patrimoine bâti. Anne conteste l’impartialité de la démarche, demande un contrôle également appliqué à la majorité actuelle et renvoie les députés aux conventions et procédures du programme. Il affirme rester attaché à la reddition des comptes. Son courrier exprime une position politique et un refus annoncé ; les accusations qu’il formule ne valent pas preuve de malversations. La suite donnée à cette décision par la commission reste à suivre.
Rentrée scolaire : les cours reprennent, les inondations persistent
La reprise des cours du lundi 12 octobre, reportée de cinq jours à cause des inondations, laisse des situations très différentes selon les établissements. Moustapha Guirassy la juge globalement effective. Mais le ministre de l’Éducation nationale reconnaît que certaines écoles restent confrontées aux eaux, malgré les opérations de pompage et de nettoyage.
Les Unes de ce mardi montrent cet écart de perspective. Le Soleil retient « Une reprise presque normale », tandis que Rewmi Quotidien prévient : « Ce n’est pas la rentrée pour tous ! » WalfQuotidien souligne une reprise inégale, notamment dans la banlieue dakaroise, à Matam et à Ziguinchor. Le bilan national satisfaisant et les difficultés locales peuvent donc coexister.
Le chiffre d’environ 7 % d’établissements encore affectés, repris par Le Soleil et Sud Quotidien, doit être daté. Selon le compte rendu de l’APS, il provient des données rendues publiques dimanche 11 octobre par les services du ministère. Lors de sa tournée du 12 octobre, Guirassy précise que cette proportion pouvait déjà avoir diminué, en l’absence de nouvelles fortes pluies. Les remontées de nappe compliquent parfois l’évacuation de l’eau.
L’Observateur évoque 644 écoles touchées, dont 318 sous les eaux. PointActu, rapportant les déclarations du directeur des constructions scolaires Pape Abdou Dia à RFM, mentionne aussi 234 écoles inondées déjà traitées. Ces compteurs ne suffisent pas à établir combien restent actuellement fermées. L’objectif annoncé de terminer les interventions avant la fin de la semaine reste conditionné à l’absence de nouvelles pluies.
À Tivaouane, le bilan d’étape de l’IEF relayé par l’APS fait état de 2 474 élèves présents sur 6 530 attendus, soit 37,89 %, dans les établissements témoins suivis. Ce résultat concerne cet échantillon ; il ne décrit pas toute la circonscription et ne permet pas d’attribuer chaque absence aux inondations.
À Kolda, Bonaventure Kalamo, adjoint au gouverneur, se dit satisfait après sa tournée : les apprentissages ont commencé dans les établissements visités. Des besoins en personnel et en équipements subsistent néanmoins.
Réseau gazier : 348 milliards à financer
Le Quotidien choisit l’angle du financement : le Sénégal cherche environ 348 milliards de francs CFA pour trois projets de gazoducs. Le montant correspond aux 530 millions d’euros présentés le 12 octobre au Cap, montant relayé par PressAfrik, à partir du compte rendu de l’African Energy Week. Il s’agit d’un appel à des partenaires d’investissement, sans annonce de fonds déjà obtenus.
Le porteur des projets, Réseau Gazier du Sénégal, est une société de transport d’hydrocarbures par canalisations. Son capital est détenu par PETROSEN Holding à 51 %, le FONSIS à 39 % et Senelec à 10 %.
Les trois segments présentés, vert, bleu et orange, doivent relier les ressources gazières aux centrales électriques et aux sites industriels. L’enjeu est de faire parvenir le gaz aux utilisateurs du pays, pour soutenir la production d’électricité et l’activité industrielle. Les économies attendues sur l’énergie restent un objectif à apprécier après la mise en service.
Le démarrage des travaux de ces trois segments est annoncé pour 2027, avec une mise en service visée en 2029. Leur réalisation suppose encore de préciser les partenaires, les engagements financiers et les modalités du financement.
Les fiches vert, bleu et orange du site RGS, non datées, affichent toutefois d’autres estimations : 630 millions d’euros au total et des objectifs en 2026 et 2028. Ces données ne doivent pas être confondues avec la présentation du Cap. Les sources consultées n’expliquent pas cet écart.
Grève générale : un appel pour les 21, 22 et 23 octobre
Les Échos annonce en Une 72 heures de grève générale, tandis qu’EnQuête met en avant le conflit à Dakar Dem Dikk. Les journaux du 13 octobre signalent ainsi une mobilisation à venir : ces annonces ne décrivent pas un arrêt de travail déjà engagé.
Le Front syndical pour la défense des travailleurs, FSDT, appelle à une grève les 21, 22 et 23 octobre dans les secteurs public, privé et informel. Les dates avaient été annoncées à l’APS le 19 septembre. Les syndicats mettent notamment en avant le pouvoir d’achat, la protection de l’emploi et leurs désaccords avec les projets de réforme du travail et de la sécurité sociale.
Selon PressAfrik, le 12 octobre, le Bureau confédéral de la CNTS, réuni samedi 10 octobre sous la présidence de Mody Guiro, a réaffirmé ce plan. Une assemblée d’information est prévue le 16 octobre à 16 h, puis une marche pacifique le 20 octobre à 15 h. La CNTS dénonce une rupture du dialogue social : cette appréciation reste celle du syndicat.
À Dakar Dem Dikk, l’annonce pour les mêmes trois jours est conditionnée à l’absence de réponse satisfaisante aux revendications. Celles-ci concernent les contrats, les salaires et les primes. L’effet sur les transports dépendra donc de l’évolution du conflit.

