Revue de presse du samedi 10 octobre 2026 : auditions parlementaires et Air Sénégal sous tension

Rédigé le 10/10/2026
La Chaîne Soninké


Les auditions parlementaires dominent plusieurs Unes sénégalaises de ce week-end, avec des questions sur le foncier, les ordinateurs destinés aux étudiants et les licences de pêche. Les journaux divergent toutefois sur les responsabilités à mettre au premier plan. Source A alerte sur des perturbations annoncées chez Air Sénégal à partir du 15 octobre, tandis que Le Quotidien examine un contrat de compteurs électriques. Les données de l’emploi et le 120e anniversaire de la naissance de Senghor complètent cette actualité.

Dans les éditions datées du samedi 10 et du dimanche 11 octobre, L’Observateur, EnQuête et Walf Quotidien reviennent sur les travaux des commissions d’enquête de l’Assemblée nationale. L’Observateur privilégie les explications de l’ancien directeur des Domaines ; EnQuête met en avant les comptes à rendre dans l’enseignement supérieur et la pêche. Walf choisit un angle critique sur la place des hauts fonctionnaires et la responsabilité des décideurs politiques. Le point commun est la demande d’éclaircissements sur la gestion publique ; la divergence porte sur les acteurs auxquels les journaux attribuent la responsabilité. Les Unes publiées par Senego permettent de comparer ces choix.

Foncier : les auditions relancent la question des attributions

L’Observateur place Abdou Gningue au centre de sa Une après son passage devant la commission chargée du foncier. Le Soleil évoque également des anomalies dans plusieurs projets immobiliers. Ces deux journaux abordent donc un même dossier, tout en donnant une place différente aux révélations des auditions : le premier en fait son sujet principal, le second les inscrit dans une actualité où l’hommage à Senghor domine.

Le compte rendu publié par Leral le 9 octobre confirme que l’ancien directeur des Domaines a été interrogé sur les grandes attributions foncières, les cessions gratuites, Mbour 4 et la ville de Thiès. Les échanges ont aussi porté sur les litiges et les conditions d’attribution de terrains immatriculés. Il s’agit de travaux sur des manquements présumés : l’audition d’un ancien responsable ne constitue pas, à elle seule, une décision établissant sa culpabilité.

Walf Quotidien donne à cette séquence une lecture plus politique en titrant « Le procès de l’Administration ». Le journal s’interroge sur le ciblage des hauts fonctionnaires et sur la place des ministres dans les investigations. Cette interrogation est un angle éditorial, distinct des faits examinés par les commissions. La comparaison invite ainsi à suivre les pièces, les explications des personnes entendues et les suites des travaux, sans confondre débat politique et conclusions d’enquête.

Ordinateurs aux étudiants : trois situations à distinguer

EnQuête rassemble en Une des montants importants liés au programme « Un étudiant, un ordinateur ». Le compte rendu de l’Assemblée nationale sur les fournisseurs entendus le 9 octobre permet de distinguer les entreprises et les opérations. La commission présidée par El Hadji Guèye a entendu les responsables de Campusys International, d’Oumou Group et de REEL IT Sénégal.

Selon les déclarations rapportées dans ce compte rendu, Makébé Kébé a indiqué que Campusys International avait fourni 5 000 ordinateurs en 2021, puis remporté en 2025 un autre marché de 5 000 machines encore non livrées. Fatou Seck, pour Oumou Group, a présenté les 500 millions de FCFA réclamés comme un reliquat sur 20 000 ordinateurs qu’elle affirme avoir livrés en 2023–2024. Le marché en attente de livraison et la demande de règlement ne concernent donc pas la même entreprise.

L’audition de Mandiol Ngom, ancien directeur général de REEL IT Sénégal, a porté sur un virement de 1 446 275 000 FCFA. L’Assemblée rapporte qu’aucun contrat justifiant l’opération n’aurait été présenté à la commission. M. Ngom a expliqué avoir utilisé une convention de 2023 et des documents de livraison pour obtenir un paiement en trois tranches. Ces éléments appellent une vérification documentaire ; ils ne permettent pas de qualifier automatiquement le virement de détournement.

Le récit complet de Teranga Times, signé Amara Cissokho le 9 octobre, rapporte aussi les explications de ces trois fournisseurs et leur engagement à transmettre les pièces justificatives. Derrière les chiffres mis en avant par EnQuête, l’enjeu est de rapprocher chaque marché de ses livraisons, de ses paiements et de ses documents, pour déterminer ce qui reste dû ou inexpliqué.

Licences de pêche : clarifier le rôle de chaque administration

EnQuête associe aussi à sa Une les auditions sur la pêche. Selon le compte rendu officiel du 9 octobre, la commission a entendu Mamadou Thiaw, directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), et son prédécesseur Bécaye Diop. M. Thiaw a distingué l’immatriculation, qui permet d’identifier les navires dans un registre national, du permis de navigabilité, délivré après les visites de sécurité.

Bécaye Diop a rappelé devant les députés que l’attribution des licences relève du ministre chargé des Pêches. L’ANAM apporte une expertise technique à la commission consultative, notamment sur le pavillon et la sécurité des navires. Il a préconisé davantage de concertation entre les structures concernées. Ces précisions éclairent une question centrale des investigations : distinguer l’autorisation de pêcher, l’identification du bateau et les contrôles techniques, puis déterminer la responsabilité de chaque intervenant.

Air Sénégal : une menace syndicale à partir du 15 octobre

Source A consacre son grand titre aux perturbations annoncées des vols d’Air Sénégal. Le Quotidien relaie également cette tension. Dans un article d’Actusen signé Amadou Dia le 9 octobre, le SYNPAAS prévient de perturbations à compter du jeudi 15 octobre 2026. Le syndicat invoque le non-paiement d’une dette d’Air Sénégal envers LAS, qu’il chiffre à plus de 31 milliards de FCFA.

Cette somme est celle avancée par le syndicat, également rapportée par Vibractu. Les deux récits relaient la même annonce et ne constituent pas deux vérifications comptables indépendantes. À ce stade, il faut distinguer le préavis et la menace de perturbations d’annulations effectivement constatées. Pour les voyageurs, l’information utile sera l’évolution du différend et les avis de la compagnie concernant leurs vols.

Compteurs électriques : le contrat Senelec–Amco contesté

Le Quotidien ouvre sur un autre engagement financier : un contrat de compteurs électriques qu’il chiffre à 138 milliards de FCFA sur quinze ans. Cette présentation rejoint les critiques formulées par Point Actu dans un article du 7 octobre au sujet de Senelec, Amco et Hexing. Ce dernier présente les 138 milliards comme un minimum hors taxes aux prix de base, révisables, et décrit une obligation de 300 000 compteurs par an. Il critique la durée du marché et sa procédure de passation.

Les montants et les clauses restent ici attribués aux documents décrits par la presse. Le contrat signé dans son intégralité et une réponse des entreprises sur ces critiques ne sont pas disponibles dans les sources consultées. Le dossier mérite donc des éclaircissements sur le volume des commandes, le coût final et les autorisations obtenues. La qualification d’irrégularité juridique ne peut pas être tenue pour acquise sur la seule base de ces articles.

Emploi : des indicateurs qui ne mesurent pas la même chose

Source A met aussi en avant le chômage élargi. Le rapport de l’ANSD sur le deuxième trimestre 2026, mis en ligne le 30 septembre, confirme un taux de 19,1 % de la main-d’œuvre, contre 19,0 % un an auparavant. La variation est de 0,1 point. Le taux d’activité des personnes de 15 ans ou plus atteint 55,9 %, contre 56,5 % au deuxième trimestre 2025.

Le même rapport estime que 35,3 % des 15–24 ans sont sans emploi, sans études et sans formation, contre 32,8 % un an plus tôt, soit une hausse de 2,5 points. Cette catégorie ne correspond pas au seul chômage. Les groupes d’âge et les dénominateurs diffèrent : ces pourcentages ne doivent pas être additionnés ni présentés comme trois mesures d’une même population. Ils décrivent le deuxième trimestre, et non une enquête menée ce 10 octobre.

Senghor : transmettre un héritage aux nouvelles générations

Le Soleil donne une place centrale au 120e anniversaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor. L’APS rapporte que la Fondation Senghor a organisé la commémoration le vendredi 9 octobre à Dakar. Né à Joal le 9 octobre 1906, le poète fut le premier président du Sénégal indépendant, de 1960 à 1980.

Le programme « Senghor 120/25 » associe cet anniversaire aux vingt-cinq ans de sa disparition, survenue le 20 décembre 2001. Amadou Ly, secrétaire général de la Fondation, a présenté l’enracinement et l’ouverture comme un cadre de réflexion sur l’actualité de son œuvre. La professeure André-Marie Diagne Bonané a insisté sur l’éducation et la transmission culturelle, notamment à travers La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre, écrite avec Abdoulaye Sadji. L’hommage met ainsi en discussion la place des textes, des contes et des cultures africaines dans la formation des jeunes générations.