Revue de presse du vendredi 9 octobre 2026 : le patrimoine public au centre des auditions
Le patrimoine immobilier de l’État domine les Unes sénégalaises du vendredi 9 octobre, après les premières auditions parlementaires. Les anciens responsables exposent leurs bilans et leurs griefs, tandis que certaines personnes mises en cause contestent les déclarations rapportées. Les licences de pêche font aussi l’objet d’un examen dont les chiffres demandent encore des précisions. Le salon des médias, le traitement de la dette et les contrastes de la campagne agricole complètent cette actualité.
Patrimoine de l’État : connaître les biens, retracer les décisions
Dans les Unes du 9 octobre publiées par Senego, Sud Quotidien met en avant les lacunes de l’inventaire immobilier : « L’État perd la trace de ses biens ». WalfQuotidien insiste sur les dysfonctionnements et les baux contestés. L’Observateur choisit la réponse de Serigne Bassirou Guèye aux déclarations de Yaya Abdoul Kane. Les journaux convergent donc sur le besoin de retracer la gestion des biens publics ; leurs titres mettent en lumière des versions qui ne se confondent pas.
Les auditions ont commencé jeudi 8 octobre. L’APS rapporte que la commission examine les conditions de cessions supposées irrégulières. Elimane Pouye, ancien dirigeant de la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État, a été entendu en premier. À ce stade, les témoignages recueillis alimentent une enquête parlementaire : ils ne constituent ni un jugement ni les conclusions définitives de la commission.
Selon le compte rendu de Leral, Pouye estime ce patrimoine à environ 2 200 bâtiments, dont 1 600 à Dakar. Il présente 520 dossiers fonciers complets à Dakar-Plateau et l’examen de 19 baux emphytéotiques. Son bilan évoque plus de 25 milliards de francs CFA d’actifs récupérés, revalorisés ou renégociés. Ce montant désigne une valeur attribuée à des actifs et à des opérations immobilières ; il ne signifie pas que cette somme a été encaissée au Trésor. Les documents fonciers et la sécurisation juridique des biens restent au cœur de ses explications.
Dans un autre compte rendu de Leral, Yaya Abdoul Kane dit avoir trouvé en 2019 une base recensant 192 bâtiments, ensuite élargie à près de 2 000. Il situe les arriérés locatifs qu’il évoque, environ 35 milliards de francs CFA, dans la période antérieure à 2019. Il conteste également la validité de certains baux. Ces chiffres relèvent de son témoignage et de périodes différentes : ils ne décrivent pas, à eux seuls, un inventaire actuel consolidé ou des arriérés encore dus aujourd’hui.
Des accusations contestées, une audition annoncée pour le 12 octobre
La revue de l’APS du 9 octobre rapporte que Kane attribue à des instructions de l’ancienne présidence l’octroi de deux villas du Point E à Serigne Bassirou Guèye, avec un loyer de 100 000 francs CFA par mois et une durée de 99 ans. Il s’agit de déclarations rapportées devant la commission. L’Observateur donne aussi la contestation de Guèye, qui accuse Kane d’avoir tenu des propos faux. Cette réponse doit accompagner la mise en cause ; les conditions des contrats et les responsabilités ne peuvent être tranchées à partir des seuls titres et témoignages.
Abdou Karim Fofana doit, pour sa part, être entendu lundi 12 octobre, selon son communiqué rapporté par Leral ce vendredi. Il affirme avoir reçu jeudi après-midi une convocation pour le même jour. Après des échanges sur ses disponibilités, il dit avoir accepté la date proposée par la commission et annonce qu’il répondra aux questions. Cette version décrit un report de calendrier, pas un refus d’audition.
Licences de pêche : préciser les procédures et les chiffres
EnQuête place le fonctionnement des licences de pêche au premier plan. L’APS a annoncé l’ouverture des auditions le 7 octobre, avec plusieurs responsables et anciens responsables de l’administration des pêches. Le lendemain, Modou Mbengue, secrétaire général de la Commission consultative d’attribution des licences de pêche et chef du Bureau des autorisations de pêche, a détaillé les procédures. Selon SenegalDirect, les nouvelles demandes et les substitutions de navires passent devant la commission consultative. Son avis ne remplace pas la décision finale du ministre. Les renouvellements suivent un circuit distinct, avec notamment des contrôles sur les redevances, la navigation, le suivi des navires et les données de captures.
Les séries publiées ne concordent cependant pas. Dans son compte rendu des auditions du 7 octobre, Actusen rapporte 153 licences actives en 2024 et 122 en 2025. SenegalDirect, à propos de l’audition de Mbengue le 8 octobre, en mentionne 132 pour 2024, 128 pour 2025 et 123 pour 2026. Les dates d’arrêté et les périmètres ne sont pas assez précisés pour rapprocher ces nombres. La divergence demande donc une clarification ; elle ne suffit pas à établir une fraude, ni à calculer combien de nouvelles licences auraient été délivrées.
SIMA : financer les médias et préserver leur indépendance
Le Soleil consacre sa Une au modèle économique des médias africains. Dans son article du 9 octobre, le quotidien revient sur l’ouverture, jeudi 8 octobre au Grand Théâtre de Dakar, de la deuxième édition du Salon international des médias d’Afrique. Le rendez-vous réunit professionnels, institutions, décideurs et partenaires autour d’un écosystème médiatique souverain et performant. La question est concrète : comment assurer des ressources durables tout en conservant une information de qualité et une indépendance éditoriale ?
Le programme présenté par le journal articule économie des médias et nouveaux modèles, technologies et intelligence artificielle, confiance, éthique et régulation, puis compétences et coopération africaine. À l’ouverture, le ministre chargé de la Communication a relié la souveraineté médiatique aux enjeux de gouvernance et de responsabilité. Ces échanges exposent des réponses à construire. La tenue du salon ne prouve pas encore une amélioration des recettes des entreprises de presse ou des conditions de travail des journalistes.
Dette : l’enjeu de la coordination entre créanciers
Le Quotidien s’interroge sur les risques de désaccord entre les créanciers engagés dans le traitement de la dette. WalfQuotidien examine les conséquences du choix d’exclure la dette libellée en francs CFA. Ces deux angles portent sur le fonctionnement du processus et ses effets, au-delà de l’annonce d’un plan.
Dans son communiqué du 1er septembre 2026, qui sert ici de contexte, le ministère des Finances présente le Plan de traitement de la dette du Sénégal. Il indique que la dette en francs CFA reste hors de son champ, en raison du rôle du marché régional dans le financement de l’État et de l’économie. Il annonce une démarche coordonnée avec les partenaires internationaux et l’intention de recourir au Cadre commun du G20 avec des consultations parallèles des créanciers concernés.
L’objectif annoncé est de réduire progressivement la charge du service de la dette pour financer les priorités publiques et apurer les arriérés envers les entreprises. Le communiqué expose une stratégie et des objectifs. Il ne constitue pas la confirmation d’un accord conclu avec tous les créanciers ni de ressources déjà dégagées. Les interrogations des journaux sur la coordination restent ainsi distinctes du cadre présenté par le gouvernement.
Campagne agricole : un bilan provisoire, des territoires sous pression
L’actualité agricole rappelle enfin les différences entre les territoires. Dans une dépêche du 9 octobre, l’APS rapporte le bilan provisoire présenté la veille par le ministre Cheikhou Oumar Ba, après une tournée de treize régions. Il juge la campagne relativement satisfaisante, mais signale des pauses pluviométriques de deux à trois semaines dans le centre-est et le nord. À Kaffrine, 20 postes pluviométriques sur 33 sont déficitaires, selon les chiffres qu’il donne.
À Podor, l’absence de crue affecte les cultures de décrue ; à Salémata et Kédougou, des terres ont été touchées par les inondations. Le ministre annonce une évaluation géolocalisée des pertes après le 12 octobre et des prévisions définitives de récolte à la fin du mois. Le diagnostic reste donc provisoire. Les annonces d’appui aux agriculteurs et aux éleveurs devront être distinguées des aides effectivement livrées et des résultats de récolte constatés.

