Revue de presse du samedi 24 octobre 2026 : la LFR rejetée en commission

Rédigé le 24/10/2026
La Chaîne Soninké


Les Unes du samedi 24 octobre accordent une place centrale au rejet du projet de loi de finances rectificative en commission, avant la plénière annoncée pour mardi. Les journaux confrontent les positions de la majorité, du gouvernement et de l’opposition, tandis que les négociations sur la dette franchissent une étape préparatoire. Les opérations contre l’émigration irrégulière, la vigilance face aux crues et les préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse occupent aussi les éditions du week-end. La culture trouve sa place avec le nouvel album de l’Orchestra Baobab, paru vendredi.


LFR : le rejet en commission ouvre une nouvelle séquence

WalfQuotidien présente le rejet comme le passage à l’acte de PASTEF. Source A insiste sur la consigne politique d’Ousmane Sonko, tandis que Le Verdict détaille le sort du texte et des amendements gouvernementaux. Ces angles convergent sur un fait précis : le projet de loi de finances rectificative 2026 n’a pas obtenu l’aval de la Commission des finances et du contrôle budgétaire. Ils ne signifient pas que l’Assemblée a déjà tranché en séance plénière.

Dakaractu rapporte que la majorité a écarté le projet n° 40/2026 ainsi que les deux amendements présentés par le gouvernement, vendredi 23 octobre. La commission était présidée par Alphonse Mané Sambou. Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, et Bassirou Sarr, chargé du Budget, défendaient la position de l’exécutif. Le nombre de voix exprimées n’est pas précisé. Le prochain rendez-vous est désormais fixé : la RTS reproduit le communiqué de l’Assemblée annonçant l’examen en plénière mardi 27 octobre à 10 heures, à Dakar.

Le communiqué publié par le groupe PASTEF-Les Patriotes le 23 octobre permet de préciser le fond du désaccord. Selon Le Soleil, le groupe accepte le principe d’une révision du budget, tout en contestant les arbitrages proposés et les garanties offertes au Parlement. Il réclame de revoir les réductions concernant les investissements et les secteurs sociaux. Sur l’énergie, il demande qu’une éventuelle baisse des subventions s’accompagne d’une diminution des taxes et des coûts afin d’éviter une hausse des prix payés par les ménages et les entreprises. Il s’agit de conditions réclamées dans la négociation, pas de nouvelles mesures déjà adoptées.

ACTUSEN détaille aussi les demandes de transparence sur les 120 milliards de francs CFA associés au Projet autonome de réponse d’urgence contingente, le CERP : accords avec la Banque mondiale, affectation des fonds et conséquences sur les crédits d’investissement reportés. PASTEF souhaite accélérer la rationalisation du secteur parapublic, avec la suppression envisagée de 19 entités et un objectif d’au moins 55 milliards d’économies nettes sur trois ans. Ces économies restent un objectif annoncé. Le groupe réclame enfin un contrôle renforcé des fonds spéciaux, des explications sur les déficits prévus et la communication des audits sur la dette. Il se dit disponible pour poursuivre les échanges avant la plénière.

L’opposition parlementaire adopte une position distincte. Dans son communiqué relayé par Dakaractu, Takku Wallu Sénégal annonce s’être abstenu et vouloir conserver cette position en plénière, quel que soit le choix final de PASTEF. Le groupe critique la gestion des finances publiques et décrit le bras de fer comme une rivalité entre anciens alliés au pouvoir. Il invoque également la continuité du fonctionnement de l’État. L’abstention de Takku Wallu ne se confond donc ni avec l’approbation du projet ni avec le rejet porté par la majorité.

Tribune et L’Indépendant examinent, pour leur part, l’hypothèse d’un recours à l’article 86, alinéa 6, dans le bras de fer budgétaire. Leurs titres portent sur une possibilité institutionnelle ; ils n’établissent pas que cette procédure a été déclenchée. Le rendez-vous confirmé reste la séance plénière du 27 octobre.


Dette : les créanciers bancaires organisent leur négociation

EnQuête pose la question d’un accord sur la dette. L’élément nouveau est rapporté par Reuters le 23 octobre : le comité des créanciers bancaires du Sénégal a choisi Houlihan Lokey comme conseil financier, selon quatre sources de l’agence. La dépêche précise que le cabinet n’a pas commenté et que le gouvernement n’avait pas répondu immédiatement. Elle décrit une étape d’organisation des banques dans les discussions, sans annoncer d’accord sur les montants ou les échéances de la dette.

Le calendrier doit être replacé dans sa date d’origine. Dans une dépêche du 6 octobre, Reuters rapportait, selon trois sources, que Dakar visait un accord de principe avec ses créanciers officiels et les détenteurs d’obligations d’ici décembre. Cet objectif avait été présenté lors de la téléconférence destinée aux investisseurs. La présentation consultée par l’agence prévoyait des discussions parallèles avec les différentes catégories de prêteurs, afin de raccourcir le processus. Décembre demeure donc un horizon de négociation annoncé, et non la date d’un résultat acquis.

Le plan de traitement présenté par le ministère des Finances le 1er septembre prévoit de laisser hors de son champ la dette libellée en francs CFA. Le gouvernement y affiche l’objectif de réduire la pression du service de la dette pour retrouver des moyens destinés aux investissements prioritaires et aux secteurs sociaux. Ces marges restent le résultat recherché du traitement, dont les conditions doivent être négociées.

Le financement du FMI constitue une autre étape du dossier. Son communiqué du 1er septembre porte sur un accord au niveau des services pour un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars. Il le soumet à l’approbation de la direction et du conseil d’administration, à des mesures correctrices liées aux informations financières erronées et aux assurances de financement nécessaires. Le choix d’un conseil par les banques ne vaut ni cette approbation ni un décaissement.

Dans le prolongement des annonces agricoles de jeudi, un objectif régional se précise. L’APS rapporte le 23 octobre que la SONACOS vise environ 40 000 à 45 000 tonnes de graines d’arachide à Diourbel, avec la possibilité d’atteindre 50 000 tonnes. Son directeur général, Cheikh Ahmed Tidiane Guèye, situe cette contribution à l’intérieur de l’objectif national de 250 000 tonnes. Ce volume territorial annoncé apporte un repère à la préparation de la campagne ; il ne constitue pas encore un bilan de collecte.


Émigration : des interpellations, mais aussi une question sociale

Sud Quotidien place l’émigration irrégulière au centre de son édition du week-end avec « Le retour d’une désespérance ». Son angle dépasse les seuls chiffres des contrôles. Sur les faits, la Gendarmerie nationale annonce 378 personnes interpellées dans trois opérations menées dans la région de Fatick qu’elle situe les 20, 21 et 22 octobre dans son communiqué publié vendredi : 47 dans le secteur de Niodior, 208 au bolong de l’Iranne, à Bassoul, puis 123 dans une autre séquence de surveillance autour de cette île. Il s’agit du bilan de ces opérations, et non d’un décompte de tous les départs.

La séquence de 123 personnes est détaillée par l’APS : 21 se trouvaient dans une pirogue, tandis que 102 autres ont été découvertes sur une île au large de Bassoul, apparemment dans l’attente d’un embarquement. Des agents de l’Aire marine protégée de Gandoul, la gendarmerie de Foundiougne et la Marine nationale basée à Djirnda ont participé à l’intervention. Ces 123 personnes figurent déjà dans le total de 378 ; les deux chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

La Gendarmerie précise que les investigations se poursuivent. Le nombre de personnes interpellées ne renseigne, à lui seul, ni sur les motivations individuelles ni sur l’évolution nationale des départs. La Une de Sud Quotidien ouvre ainsi une interrogation sur les perspectives offertes aux jeunes, sans que les données de ces seules opérations permettent d’en établir toutes les causes.


Inondations : urbanisation et vigilance sur le fleuve

Les journaux abordent le risque d’inondation à deux échelles. À sa Une, Le Soleil met en cause l’urbanisation anarchique dans les désordres observés à Dakar. Son angle porte sur l’aménagement du territoire et l’occupation des espaces exposés. WalfQuotidien s’intéresse, lui, aux inquiétudes des riverains du fleuve Sénégal, dans la région de Matam.

WalfQuotidien retient un autre sujet qui touche directement les conditions de vie : les crues et les lâchers de Manantali, avec Matam « sous la hantise de 2025 ». Cette inquiétude était déjà documentée dans un reportage de l’APS du 18 octobre. À Nawel, Nguidjilone et Diorbovol, les habitants interrogés craignaient pour leurs cultures, leurs maisons et les voies d’accès, en se référant aux dégâts des années précédentes. Le préfet de Matam y annonçait un dispositif de prévention, dont 500 sacs de sable déjà remis à Diamel pour une diguette.

Les relevés plus récents donnent un repère distinct. D’après le bulletin de la Brigade des ressources en eau de Saint-Louis du 23 octobre, relayé par Seneweb, le fleuve atteignait 6,50 mètres à Matam, en baisse de six centimètres en vingt-quatre heures et sous la cote d’alerte de huit mètres. Bakel était également en décrue. Podor et Richard-Toll enregistraient de légères hausses, tout en restant sous leurs seuils respectifs. Ces mesures du 23 octobre ne constituent pas un bilan des éventuels dégâts dans chaque village.


JOJ : des bus pour l’organisation, les Navétanes suspendus à Dakar

La préparation des Jeux olympiques de la jeunesse se lit aussi dans les informations pratiques. Quotidien Scoop, L’Info et Le Parlement annoncent 15 bus offerts par le Qatar, alors que Sud Quotidien en mentionne 14. Dans sa dépêche publiée le 23 octobre, l’APS fait état de 15 bus et de matériel de sécurité remis au comité d’organisation. Elle situe la remise à Keur Ayo, siège du comité. C’est ce décompte de l’agence qui est retenu ici ; l’écart entre les deux chiffres n’est pas expliqué par les sources consultées.

Autre mesure liée aux préparatifs : les compétitions de Navétanes et les activités qui leur sont directement liées seront suspendues dans toute la région de Dakar à partir du lundi 26 octobre, jusqu’à nouvel ordre. L’arrêté du gouverneur Ousmane Kane, daté du 23 octobre et reproduit par Le Soleil, invoque la mobilisation des forces de sécurité pour les JOJ et la prévention des affrontements et des dégradations. La décision concerne la région de Dakar ; elle ne suspend pas l’ensemble du football sénégalais. Aucune date de reprise n’est fixée dans cet arrêté.


Orchestra Baobab : un nouvel album entre mémoire et transmission

EnQuête et L’AS ouvrent une fenêtre culturelle avec Made in Sénégal, le nouvel album de l’Orchestra Baobab. Le producteur Madoky Music date sa sortie du 23 octobre. Le disque réunit douze titres enregistrés à La Boutique, à Dakar, par neuf musiciens, sans invités. Il s’agit du premier album studio du groupe depuis Tribute to Ndiouga Dieng, paru en 2017. Korka Dieng y incarne notamment l’ouverture d’une formation historiquement masculine à une voix féminine principale.

Dans sa présentation du projet publiée le 5 octobre, l’APS soulignait la continuité entre les influences afro-cubaines, les répertoires sénégalais et les nouvelles générations de musiciens. La parution de vendredi donne une actualité à ce travail de transmission. Fondé en 1970, l’orchestre prolonge une histoire de plus d’un demi-siècle, en reprenant des pièces de son répertoire aux côtés d’autres compositions.