Mali : le CNT révise la loi sur les langues officielles, dont le soninké

Rédigé le 23/10/2026
La Chaîne Soninké


Le Conseil national de Transition (CNT) du Mali a adopté, jeudi 22 octobre à Bamako, des modifications au texte sur l’emploi des langues officielles, dont le soninké. Approuvée par 122 voix pour, cette révision concerne notamment la prévention des discriminations linguistiques et l’inscription de la liste des langues nationales dans la loi organique. Elle porte sur leur cadre d’utilisation : leur statut officiel est déjà reconnu par la Constitution de 2023.


Un texte réexaminé après les observations de la Cour

La séance s’est tenue dans la salle Djéli Baba Sissoko du Centre international de conférences de Bamako, sous la présidence de Malick Diaw. Dans un communiqué signé par la Direction de la communication du CNT et reproduit par Bamada, le CNT fait état d’une adoption à l’unanimité des modifications proposées, avec 122 voix favorables. L’Agence de presse africaine (APA) confirme le vote et le présente comme une seconde délibération.

Le communiqué rattache ce réexamen à l’arrêt n° 2025-08/CC du 19 août 2025 de la Cour constitutionnelle, concernant le texte n° 2025-003/CNT-RM du 24 avril 2025. Trois changements sont annoncés : la rectification de l’intitulé, la reformulation de l’article 7 pour prévenir les discriminations ou exclusions linguistiques, et l’intégration d’une liste exhaustive des langues nationales. La nouvelle rédaction complète de cet article n’est pas reproduite dans ce compte rendu.


Le soninké figure parmi les treize langues concernées

L’APA cite le soninké dans la liste des treize langues nationales concernées, aux côtés notamment du bamanankan, du fulfulde, du songhoï et du tamasheq. L’inscription de cette liste dans le texte révisé précise ainsi le périmètre linguistique présenté par les comptes rendus du vote. Elle ne correspond pas à une première officialisation de ces langues le 22 octobre.

Le principe figure déjà à l’article 31 de la Constitution promulguée le 22 juillet 2023 et publiée au Journal officiel : « Les langues nationales sont les langues officielles du Mali. » Le même article confie à une loi organique la fixation des conditions et modalités de leur emploi. Il précise aussi : « Le français est la langue de travail. » La reconnaissance constitutionnelle et les règles organisant l’usage de ces langues relèvent donc de deux étapes distinctes.


Les modalités concrètes restent à préciser

Pour les locuteurs du soninké et les acteurs de sa transmission, l’enjeu du texte concerne l’usage public de la langue, aux côtés des autres langues officielles. L’objectif de prévenir les exclusions linguistiques est annoncé, mais les comptes rendus disponibles ne détaillent pas les obligations concrètes prévues pour chaque administration, les moyens nécessaires ou les échéances de mise en œuvre.

Le vote des modifications ne constitue pas, à lui seul, une confirmation de leur promulgation ou de leur application dans les services publics et les écoles. La publication de la version définitive permettra de préciser les droits et les modalités prévus. À ce stade, le fait établi est l’adoption, le 22 octobre, d’une révision du texte destiné à encadrer l’emploi des langues officielles.