Revue de presse du jeudi 15 octobre 2026 : auditions contestées et négociations sur la dette

Rédigé le 15/10/2026
La Chaîne Soninké


Les refus d’audition de deux anciens ministres relancent le débat sur la procédure des enquêtes parlementaires. Les journaux du 15 octobre suivent aussi les discussions sur la dette et la mobilisation de nouveaux financements. La rencontre des Premières dames africaines suscite des lectures différentes sur la résilience des femmes et les priorités sociales. Une aide alimentaire aux ménages et le retour de la FILDAK complètent cette actualité.


Des refus d’audition qui déplacent le débat sur la procédure

Les Unes du jeudi 15 octobre accordent une place importante aux auditions parlementaires contestées et aux négociations sur la dette. Le Quotidien choisit le thème du boycott, tandis que WalfQuotidien examine les obstacles rencontrés par la majorité. Sud Quotidien privilégie le rôle du FMI, et EnQuête regarde vers le projet de budget 2027. Le contrôle de la gestion publique et le financement des besoins du pays forment ainsi deux fils conducteurs de cette journée.

Abdoulaye Daouda Diallo et Moussa Baldé contestent les conditions dans lesquelles la commission d’enquête sur « Un étudiant, un ordinateur » veut les entendre. Dans sa lettre du 14 octobre reproduite par Dakaractu, l’ancien ministre des Finances annonce qu’il ne donnera pas suite à l’audition fixée au jeudi 15 octobre à 15 heures dans les conditions indiquées. Il demande de connaître précisément l’acte en cause concernant un fonds de garantie constitué en 2012-2013 auprès d’Ecobank et de recevoir les pièces nécessaires à ses réponses.

Le courrier ne porte donc pas seulement sur l’heure du rendez-vous. Abdoulaye Daouda Diallo estime que les archives de son ancien ministère doivent être demandées aux services de l’État qui les conservent. Il critique aussi une convocation transmise par WhatsApp sans concertation préalable. PressAfrik rapporte pour sa part que Moussa Baldé, attendu le vendredi 16 octobre, demande que soient identifiés les faits, marchés et décisions à éclaircir. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur invoque l’article 53 du règlement intérieur et annonce lui aussi qu’il ne participera pas à l’audition ainsi préparée.

Face à ces refus, le vice-président de l’Assemblée nationale Amadou Ba défend, dans une contribution publiée le 14 octobre, l’étendue des pouvoirs d’investigation des députés. Il soutient le caractère obligatoire des auditions et la possibilité d’une saisine du procureur. Cette position de responsable parlementaire ne vaut toutefois pas décision de justice sur les courriers contestés.

Le règlement intérieur issu de la loi organique du 18 août 2025 donne des repères pour comprendre le désaccord. Son article 53 prévoit des enquêtes portant sur des faits déterminés d’intérêt général. L’article 56 mentionne la citation par huissier, la lettre recommandée et « tout autre moyen » de convocation. Il prévoit aussi que les personnes convoquées signalent une indisponibilité avec des justificatifs. Ces dispositions encadrent le contrôle parlementaire ; elles ne tranchent pas, à elles seules, le respect de chaque formalité dans un dossier particulier. Les griefs soulevés et les éléments matériels recherchés restent à examiner séparément.

Les refus discutés ce matin concernent une commission déjà constituée. Il s’agit d’un dossier distinct des cinq propositions de nouvelles commissions rapportées par Le Soleil le 13 octobre. Le désaccord sur la procédure ne renseigne pas, à lui seul, sur la réalité des faits financiers que les députés cherchent à éclaircir.


Dette : le FMI facilite le dialogue, les négociations restent ouvertes

Sud Quotidien met la médiation au premier plan ; Les Échos s’intéressent davantage à la mobilisation des détenteurs d’obligations, en citant Reuters. Dans son compte rendu du 14 octobre, la RTS rapporte que Kristalina Georgieva veut mobiliser les bons offices du FMI pour faciliter les échanges entre le Sénégal et ses créanciers publics et privés. Le rôle décrit est celui d’un appui au dialogue et à l’analyse de la dette. Les termes du traitement restent à négocier entre les parties.

Dans une dépêche Reuters du 14 octobre publiée par The Citizen, la directrice générale se dit optimiste après ses échanges avec les principaux créanciers. Elle présente le Sénégal comme un cas important pour éprouver les améliorations du Cadre commun du G20. Cet optimisme décrit une perspective de négociation ; il ne vaut pas accord conclu sur les montants, les échéances ou une éventuelle réduction de dette.

Le communiqué du FMI du 1er septembre permet de situer l’autre volet du dossier : l’accord au niveau des services porte sur un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars. Le texte le soumet à l’approbation du conseil d’administration, aux mesures correctrices liées à la communication d’informations erronées et aux assurances de financement. Un accord technique, un traitement négocié avec les créanciers et un décaissement correspondent à des étapes distinctes.

Sur le marché financier régional, un résultat est en revanche chiffré. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan annonce le 14 octobre avoir mobilisé 338,2 milliards de FCFA lors du deuxième appel public à l’épargne de 2026, lancé le 23 septembre et clôturé le 13 octobre. L’objectif était de 200 milliards, soit une couverture annoncée de 169,1 %. Libération reprend ce résultat en Une. Le ministère destine ces ressources aux dépenses budgétaires et à la gestion de la dette intérieure. Il s’agit d’un emprunt à rembourser, avec des maturités annoncées de trois à dix ans.


La résilience des femmes entre engagements et attentes concrètes

La rencontre organisée le 14 octobre à Dakar sous l’égide de l’Organisation des Premières dames d’Afrique pour le développement met les femmes et les filles au centre des réponses aux crises climatiques et aux conflits. Dans son compte rendu, Le Soleil souligne l’hommage de Bassirou Diomaye Faye au travail mené dans la santé, la protection des filles et l’assistance aux sinistrés. Le journal rapporte aussi l’appel de Marie Khone Faye à faire de cette initiative un engagement continental produisant des résultats dans chaque pays.

Les priorités défendues ont une traduction très concrète : maintenir les filles à l’école et permettre aux femmes de poursuivre une activité malgré les crises. L’APS détaille les exemples présentés par Marie Khone Faye : information sanitaire accessible hors connexion à Kolda, kits scolaires pour des élèves de familles modestes, équipements de transformation à Fatick et accompagnement de groupements à Ziguinchor. La Première dame évoque également, pour ces derniers, les besoins d’accès à la terre, au financement et à la formation. Dans la région de Thiès, elle annonce une Maison des femmes destinée à la formation et à l’accompagnement des initiatives. Il s’agit d’un projet annoncé, dont l’ouverture n’est pas établie par ce discours.

Les journaux diffèrent toutefois sur la lecture de la cérémonie. Quotidien Scoop et L’Observateur soulignent la mobilisation autour de Marie Khone Faye. Yoor-Yoor Bi et Le Grand Panel opposent l’événement aux difficultés des populations touchées par les inondations. Cette critique éditoriale met l’accent sur les priorités et l’urgence sociale. Elle ne fournit pas, à elle seule, un bilan vérifié du coût de la rencontre ou de l’efficacité des programmes présentés.


Sécurité alimentaire : aide ponctuelle aux ménages et investissements agricoles

Pour les familles fragilisées par la période de soudure, une échéance pratique est annoncée. Dans son article du 15 octobre, Le Soleil rapporte le communiqué du Fonds de solidarité nationale sur un transfert unique de 135 000 FCFA destiné à 17 200 ménages. Les départements concernés sont Bambey, Salémata, Saraya, Matam et Goudiry. Le premier paiement est prévu le vendredi 16 octobre à partir de 10 heures à Bambey ; le calendrier des quatre autres départements n’est pas précisé.

Le dispositif, mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale, vise les ménages identifiés à partir du Cadre harmonisé de 2026, outil d’analyse de l’insécurité alimentaire. La somme annoncée est ponctuelle. À ce stade, l’annonce du démarrage des paiements ne permet pas de compter les ménages ayant effectivement reçu leur transfert.

À plus long terme, Source A et Le Soleil mettent en avant le financement de la production. Le Fonds de l’OPEP confirme, dans son communiqué du 14 octobre, la signature d’un prêt de 57 millions d’euros, environ 37,4 milliards de FCFA, pour le Projet d’appui à la stratégie de souveraineté alimentaire. L’institution annonce une intervention dans dix régions et un objectif d’environ 900 000 bénéficiaires, avec une attention aux femmes et aux jeunes.

Le programme prévoit notamment une meilleure gestion de l’eau sur 1 500 hectares, la construction ou la réhabilitation d’environ 330 kilomètres de pistes et l’appui à plus de 2 200 entreprises agricoles. Ces réalisations restent des objectifs du projet. Ce financement est distinct du transfert de 135 000 FCFA : le premier porte sur des capacités de production et des infrastructures, le second sur une aide immédiate à des ménages sélectionnés.


La FILDAK revient au CICES après huit ans de pause

Le livre retrouve aussi une place dans l’actualité du jour. Le CICES confirme l’accueil de la 18e FILDAK du 15 au 19 octobre, en remplacement du site initialement annoncé sur l’esplanade du Grand Théâtre national. Le changement de lieu compte pour les visiteurs, certaines annonces antérieures mentionnant encore le Grand Théâtre.

Dans un entretien à l’APS publié le 14 octobre, le directeur du Livre Ibrahima Lo présente ce rendez-vous comme une relance après la dernière édition de 2018. Il annonce l’ouverture jeudi à partir de 9 heures et insiste sur la qualité de la création, la diffusion des ouvrages et les liens avec les autres rencontres littéraires de la sous-région. Un hommage à Cheikh Hamidou Kane est annoncé pour le vendredi 16 octobre. La transmission littéraire et l’accès aux livres traversent ainsi cette édition, au-delà de la seule exposition des maisons d’édition.