Un ascenseur en panne, un parent qui n’ose pas entrer à l’école, un jeune qui cherche un stage. Dans le reportage de La Chaîne Soninké consacré au Salon du Monde Soninké, l’engagement prend d’abord ces visages ordinaires. Les échanges ramènent sans cesse à une question : comment transformer ce que l’on vit, et parfois ce que l’on subit, en capacité d’agir ensemble ?
Les 26 et 27 septembre 2026, la deuxième édition du Salon s’est tenue à l’Union de la Jeunesse Internationale, à Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris. Porté par le Conseil National des Soninkés de France, ce rendez-vous proposait de relier transmission et engagement. Le panel et les entretiens réunis dans notre reportage donnent à cette ambition une dimension concrète : celle de parcours construits au contact des habitants, des familles et des générations qui viennent.
UNE DIASPORA QUI VEUT AUSSI PRENDRE LA PAROLE
La première journée a placé au centre des échanges l’engagement citoyen, politique et associatif. Les panels ont permis de revenir sur l’histoire politique des diasporas ouest-africaines en France, sur le rôle des associations dans les territoires et sur les différentes manières de s’engager dans la vie publique.
Un fil rouge est revenu dans les échanges : transmettre ne signifie pas seulement conserver une langue ou des traditions. Il s’agit aussi de permettre aux nouvelles générations de comprendre leur histoire, de connaître les parcours de ceux qui les ont précédées et de prendre pleinement leur place dans la société. Le Salon a ainsi voulu créer un espace où les expériences individuelles deviennent une réflexion collective.
Avant même l’ouverture, le co-organisateur Mams Yaffa avait présenté cette ambition dans les médias : faire connaître une communauté soninké ancienne et importante en France, mais encore insuffisamment connue du grand public. Cette volonté d’ouverture s’est retrouvée dans l’esprit des rencontres et des interviews réalisées autour de l’événement.
SPORT ET BUSINESS : PASSER DE LA RÉUSSITE INDIVIDUELLE À LA TRANSMISSION
Le dimanche, le regard s’est déplacé vers le sport, l’entrepreneuriat et les opportunités économiques. L’enjeu n’était pas uniquement de présenter des parcours de réussite, mais de comprendre comment l’expérience, les réseaux et les compétences acquises peuvent servir à d’autres.
Les discussions autour du sport et du business ont posé des questions très concrètes : comment entreprendre, comment créer de nouvelles opportunités, comment mieux structurer les réseaux professionnels et comment transformer la visibilité des grands événements sportifs en possibilités économiques et sociales pour les jeunes et les entrepreneurs issus de la diaspora ?
Dans les prises de parole et les rencontres, une idée s’est imposée : la communauté dispose de talents, d’entrepreneurs, de professionnels et de compétences dans de nombreux secteurs. Le défi consiste désormais à mieux les connecter et à faire circuler l’information, les expériences et les opportunités.
CULTURE, LIVRES ET CINÉMA : RACONTER NOUS-MÊMES NOS HISTOIRES
La culture a occupé une place importante dans cette deuxième journée. Le programme associait notamment la projection et le talk autour de NAANIYA avec Madina Tangara et Djeneba Demba, un café littéraire destiné aux enfants avec Wagadou Éditions, ainsi qu’une rencontre consacrée à l’édition.
Le panel « Éditer un livre : mode d’emploi » a réuni Dado Traoré, Elgas, Benamar Cissako, Sadia Diawara et Bakary Sakho. Derrière les aspects pratiques de l’écriture et de l’édition se trouvait une question plus profonde : qui raconte nos histoires et comment faire en sorte que les récits des familles, des migrations, des territoires et des cultures puissent être transmis sous forme de livres, de films et d’œuvres accessibles aux nouvelles générations ?
La projection du film Tambo Bure de Dahaba Siby, puis la clôture avec Les Paroliers, ont prolongé cette volonté de donner une place à la création artistique et à la représentation. Le Salon a ainsi relié la parole des panels à des formes concrètes de création et de mémoire.
PLUS QU’UN SALON, UN LIEU DE CONNEXION
Entre les panels, les stands, les interviews et les échanges informels, une autre dimension de l’événement s’est dessinée : celle du réseau. Associations, professionnels, créateurs, entrepreneurs et visiteurs ont pu se rencontrer autrement que derrière un écran ou sur les réseaux sociaux.
C’est probablement là que se trouve l’une des forces de cette deuxième édition. Le Salon du Monde Soninké ne cherche pas uniquement à montrer une culture. Il tente de créer des passerelles entre générations, secteurs professionnels et formes d’engagement. La langue et l’identité constituent le point de départ ; la transmission, la création de projets et la mise en relation constituent la suite.
Pour La Chaîne Soninké, présente au plus près des acteurs, les panels et interviews montrent surtout une communauté qui veut parler d’elle-même avec ses propres voix, montrer ses réussites sans cacher ses défis et construire des espaces capables de rapprocher celles et ceux qui agissent en France et dans les pays d’origine.
Après une première édition en 2025, cette deuxième édition confirme l’installation progressive du Salon dans le calendrier des grands rendez-vous de la diaspora soninké. Le défi sera maintenant de transformer les rencontres, les idées et les contacts de ces deux journées en collaborations durables.
La Chaîne Soninké continuera de diffuser les panels, interviews et temps forts du Salon du Monde Soninké sur ses différents supports.
Dossier vidéo : le panel et les interviews
Retrouvez le reportage intégral ci-dessous ou accédez directement à ses moments clés :
- Parcours et engagement local
- Questions du public : plafond de verre et réseau
- La jeunesse et la transmission de la langue
- Les interviews après le panel
- L’entretien avec Almamy Kanouté
Ces liens ouvrent des passages du reportage intégral.
Le Salon en trois reels
Ces vidéos publiées avant l’événement par le compte officiel @salondumondesoninke présentent l’édition 2026, son ancrage culturel et son programme cinéma. Elles sont intégrées depuis Instagram avec leurs crédits d’origine.
Sources : reportage de La Chaîne Soninké publié le 29 septembre 2026 ; présentation et programme officiels sur HelloAsso.